Bilan Presidents Cup 2019

Après la 11ème victoire de l’équipe américaine dans la 13ème édition, avec un score très serré de 16 à 14, c’est l’heure du bilan de la Presidents Cup 2019.

L’équipe Internationale a franchi le cap des 10 points en match en double, pour la première fois. Elle se rapproche des sommets du golf mondial… Cette jeune équipe est en train d’inverser la spirale de la défaite pour les prochaines éditions.
L’hégémonie des individualités américaines est potentiellement en danger dans le futur. Les américains devront encore développer l’esprit d’équipe pour continuer à gagner. Voici pourquoi :

Une épreuve très disputée.

Le score final très serré de 16 à 14 illustre la grande compétitivité de l’équipe Internationale et la quasi-égalité de performance des 2 équipes, comme jamais.


Certes, l’avance des Internationaux a été consommé  lors des simples grâce aux individualités américaines du top 20 mondial, mais il a fallu attendre les 2 derniers matchs. Nous sommes passés tout près d’une victoire des Internationaux devant la meilleure équipe américaine de l’histoire.

La victoire s’est jouée sur “presque rien”, tant l’écart de performance est infime. Ce ne sont, ni plus ni moins, que 2 coups de golf en 4 jours de compétition et plusieurs milliers coups de golfs.

Ce 1,5 petit point manquant, pour les Internationaux, peut être trouvé dans les 2 premiers matchs ou dans 2 des  4 matchs nuls des simples du dernier jour. Ce sont seulement 2 putts qui s’arrêtent à quelques centimètres du trou.

Selon Ernie Els, avec du recul, le  1,5 point manquant pour les internationaux, a pu être perdu (ou gagné par les américains) le vendredi.  Lors des “Foursomes”,  menés 5 à 0 en cours de session, les américains avaient finalement obtenus 1,5 points, in extrémis. Sur le green du 18 , ils y ont rentré, par 2 fois, un dernier putt rentrant de 5 mètres pour une victoire et un match nul, redonnant espoir aux américains.


Finalement, cela suffit  pour faire basculer les matchs et la victoire finale du côté américain.

Le bilan, joueur par joueur.

Le haut niveau de jeu, l’excellence des 2 équipes avec des scores extrêmement serrés et la constitution des paires rendent difficile l’élection de la vedette dans le bilan de la Presidents Cup 2019.

Joueursnombre parties jouéesnombre points gagnésTaux d’Efficacité
USA Tiger Woods 33100%
INTL. Adam Hadwin32,583,3%
INTL. Hideki Matsuyama32,583,3%
INTL. Sungjae IM5480%
INTL. CT Pan4375%
INTL. Abraham Ancer53,570%
USA Justin Thomas53,570%
INTL. Cameron Smith
3266,6%
USA Rickie Fowler42,562,5%
USA Xander Schaufele5360%
INTL. Beyuong Hun An5360%
USA Patrick Cantlay5360%
INTL. Louis Oosthuizen31,550%
USA Dustin Johnson4250%
USA Gary Woodland41,537,5%
USA Matt Kuchar41,537,5%
INTL. Joaquim Niemann41,537,5%
USA Adam Scott41,537,5%
USA Tony Finau41,537,5%
INTL Haotong Li3133,3%
INTL. Marc Leischman4125%
USA Patrick Reed4125%
USA Webb Simpson4125%
USA Bryson De Chambeau20,525%

Néanmoins, 6 joueurs se sont mis en évidence dans cette 13ème Presidents Cup dont 4 rookies Internationaux :

-En premier,  avec un total de 4 points, le rookie International, Sungjae Im, restera le joueur marquant  le plus de points dans cette compétition.

-Avec 3,5 points, Il est suivi par son co-équipier, Abraham Ancer, du côté “Internationaux” au même niveau que l’américain, N° 4 mondial, Justin Thomas.

Du côté des joueurs les plus efficaces (points marqués /nombre de parties jouées) c’est le capitaine joueur , Tiger Woods, qui domine avec un 100% d’efficacité.  Soit, 3 victoires en 3 matchs !

il est suivi par les 3 Internationaux, Adam Hadwin et les rookies , Hideki Matsuyama à 83,3% et Sungjae Im à 80%.

Ce sont bien les rookies Internationaux qui auront marqué les esprits. Et c’est de bonne augure pour le futur.


Du côté des records, Tiger Woods devient, avec ses 3 victoires supplémentaires, l’américain le plus performant en Presidents Cup avec 27 victoires devant Phil Mickelson.

Du côté des “déceptions”, au premier rang, à nouveau, Bryson deChambeau marque, ici,  son premier demi-point en équipe américaine. C’est mieux que son 0 point à la Ryder Cup en 2018 au Golf National.

Il est suivi de Patrick Reed, Webb Simpson, Li Hoatong et Marc Leischman. Ils ne marquent qu’un 1 point au cours de cette semaine australienne.

Le bilan des capitaines.

Le come-back des américains lors des simples est la meilleure illustration des différences entre les 2 équipes. D’un côté, Ernie Els disposait d’un groupe plus faible si on regarde la moyenne du classement mondial (42)  face à celle de Tiger Woods (12). De l’autre côté, l’équipe américaine a semblé, en début d’épreuve, être plus un assemblage d’individualités qu’une équipe aussi soudée que celle des Internationaux. Le fait de jouer annuellement une Presidents Cup ou la Ryder Cup, rend certainement plus difficile l’implication de l’équipe américaine. Contrairement aux Internationaux qui ne jouent que tous les 2 ans, il y a peut-être un effet de banalisation côté américain expliquant un démarrage laborieux. Avec un excellent coaching, la bonne préparation en amont et une grande empathie, Ernie Els a permis à ses joueurs d’être à leur meilleur niveau pour affronter les meilleurs mondiaux. Dès les premiers  jours, et dès les premiers trous, les Internationaux ont pris le leadership pour mener jusqu’au début des simples 10 à 8. (sans oublier que le score aurait pu être 12 à 8 sans 2 de putts de 5 mètres décisifs des américains pour éviter un 2ème 4 à 1 en 2 jours) . Du côté de Tiger Woods, on a parfois ressenti que sa présence en tant que joueur se faisait au dépens du rôle de capitaine. Lorsque son équipe était menée 5 à 0 en cours de partie, il était dans sa partie…Mais heureusement et finalement, il ramène 3 points pour son équipe et la coupe à la maison.  Il n’y a donc aucun reproche à faire, mais les américains ont frôlé la défaite à Melbourne. On mesure la limite de l’exercice de Capitaine/joueur quand la compétition deviendra plus serrée dans le futur.

Le bilan du parcours.

Le parcours composite du Melbourne Golf Club a été parfait et à la hauteur de cet événement mondial. 

Il n’ a pas forcément aidé les gros frappeurs américains. Ils n’ont pas fait la différence. Les greens extrêmement rapides du parcours dessiné par Mackenzie (designer par ailleurs du parcours de l’Augusta National) ont été hyper sélectifs.

 

Le bilan côté public.

Autour d’un Ernie Els très chaleureux avec le  public  à dominante australienne, ce dernier a été très nombreux et à la hauteur de l’événement.

Respectueux du jeu et des joueurs, des tees de départ jusqu’ au bord des greens, le public a vécu un suspense exceptionnel avec beaucoup de passion, et d’émotions.

Un seul bémol est à noter, avec le chahut concernant les railleries au sujet de Patrick Reed, ayant pour objet son épisode de “triche” dans un bunker lors du dernier tournoi. Son caddie, Karain Kessler, a été exclus pour les matchs en simple, en raison d’un comportement inadapté envers un spectateur, peu respectueux de son joueur.

Hormis ce fait regrettable, aucun autre d’incident majeur n’est venu troublé la bonne ambiance et la ferveur autour de l’événement.

Cette Presidents Cup restera un grand souvenir chez les australiens.

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